Elections en RCA
En République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra proclamé vainqueur d’une élection sous haute tension politique

a Cour constitutionnelle de la République centrafricaine a officiellement proclamé Faustin-Archange Touadéra vainqueur de la présidentielle du 28 décembre 2025, le confirmant à la tête de l’État pour un troisième mandat consécutif avec environ 77,90 % des voix, selon les résultats définitifs rendus publics le 19 janvier 2026.
Le scrutin s’est tenu dans un climat politique et sécuritaire fracturé, alors que l’opposition avait dénoncé des conditions jugées inéquitables et, pour certains, avait même diabolisé le cadre électoral.
Une victoire institutionnalisée, mais contestée
La Cour constitutionnelle a rejeté les recours des candidats opposants, dont celui d’Anicet-Georges Dologuélé, arrivé en deuxième position, qui avait prétendu être le vrai vainqueur et dénoncé des fraudes massives.
Pour le président réélu, ce résultat légitime sur le plan juridique un nouveau cycle au pouvoir, après une carrière politique marquée par deux mandats déjà entamés en 2016 et 2020.
Climat politique et critiques de l’opposition
Pour ses opposants, qui ont pointé du doigt des irrégularités électorales, un accès inégal aux médias et une suppression de la concurrence politique, cette victoire ne serait pas l’expression d’un choix pleinement démocratique mais le reflet d’un système institutionnel verrouillé et d’une opposition désunie.
Des partis d’opposition ont notamment rejeté les résultats avant leur officialisation et critiqué le déroulement du scrutin, tandis que certaines voix dénonçaient déjà à l’avance une élection inégale et la marginalisation de leurs candidats.
L’enjeu politique et institutionnel
Le succès électoral de Touadéra doit également être compris dans le cadre d’une modification constitutionnelle adoptée en 2023, qui a supprimé les limitations du nombre de mandats présidentiels, permettant à Touadéra de briguer un troisième mandat.
Cette révision controversée du cadre constitutionnel, critiquée par une partie de la société civile et certains partenaires internationaux, a renforcé l’emprise du président sur l’appareil d’État tout en fragilisant la perception de l’alternance démocratique dans un pays encore marqué par des décennies d’instabilité.
Perspectives politiques
Alors que Touadéra s’apprête à gouverner sous les auspices d’un nouveau mandat, les défis institutionnels demeurent : concilier stabilité, gouvernance démocratique et pacification d’un pays confronté à des tensions internes persistantes reste une équation politique délicate. L’opposition, pour sa part, promet de rester vigilante et de poursuivre son combat dans les arènes politique et juridique.
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