Politique
Bénin : l’Assemblée nationale adopte un septennat présidentiel et législatif.

Dans une séance nocturne particulièrement attendue, l’Assemblée nationale béninoise a adopté, dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 novembre 2025, une révision constitutionnelle qui reconfigure en profondeur l’architecture institutionnelle du pays. Le texte a été approuvé à une large majorité : 90 voix pour, 19 contre, atteignant ainsi le seuil des quatre cinquièmes requis pour toute modification de la Loi fondamentale.
La réforme consacre d’abord la création d’un Sénat, une première dans l’histoire politique du Bénin. Le Parlement devient ainsi bicaméral, composé de l’Assemblée nationale et de la nouvelle chambre haute. Selon la Constitution révisée, le Sénat aura pour mission de « réguler la vie politique », de veiller à l’unité nationale, à la sécurité publique et à la paix. Son président recevra désormais, en même temps que le chef de l’État, toutes les lois votées par les députés, consacrant un rôle accru dans le processus législatif.
L’autre changement majeur concerne la durée des mandats. Les mandats présidentiel et législatifs passeront de cinq à sept ans à compter des prochaines élections prévues en 2026. Le gouvernement défend une mesure destinée, selon lui, à stabiliser l’action publique et à renforcer la planification des politiques nationales. Toutefois, la limitation du mandat présidentiel à deux mandats reste inchangée, un point qui a été un enjeu central dans les débats.
L’opposition, qui a voté contre, dénonce une réforme adoptée dans la précipitation et estime qu’elle pourrait fragiliser les équilibres démocratiques. Certains députés regrettent que le débat national n’ait pas été suffisamment approfondi, notamment sur l’opportunité d’allonger la durée des mandats.
Pour le pouvoir, cette révision constitutionnelle marque au contraire une étape importante dans la consolidation institutionnelle du Bénin. La mise en place du Sénat et l’allongement des mandats devraient entrer en vigueur dès 2026, ouvrant une nouvelle phase dans la vie politique du pays. L’attention se tourne désormais vers les modalités pratiques d’installation de la nouvelle chambre et vers l’impact de ces changements sur les prochains scrutins.
Articles similaires

La mort d’Abdoulaye Bâ au Sénégal alimente une crise politique et sociale aux contours incertains
Au Sénégal, la mort d’un étudiant ravive les fractures entre la jeunesse et le pouvoir
Publié le

L'ancien ministre Alassane Tigri placé sous détention après le putsch manqué de décembre 2025
Au Bénin, l’incarcération d’un ancien ministre éclaire les réseaux du putsch manqué de décembre
Publié le

Le gouvernement burkinabé dissout les parties politiques et prépare l'abrogation des textes encadrant leur fonctionnement
Au Burkina Faso, la dissolution des partis politiques consacre un tournant radical de la transition militaire
Publié le

Port de Douala: Bras de fer au sommet de l'Etat pour le contrat de Scanning
Au Cameroun, le contrat de scanning du port de Douala révèle une nouvelle lutte de pouvoir au sommet de l’État
Publié le
