Cameroun

L'homme d'affaire ivoirien Bernard Koné Dossongui relance à Kribi sa cimenterie pour 40 milliards de FCFA d'investissements.

L'homme d'affaire ivoirien Bernard Koné Dossongui relance à Kribi sa cimenterie pour 40 milliards de FCFA d'investissements.

Une relance formalisée par un avenant signé en février 2026

Cinq ans après l’annonce initiale de son projet, l’homme d’affaires ivoirien Bernard Koné Dossongui a donné un nouvel élan à la cimenterie qu’il entend construire dans la zone industrialo‑portuaire de Kribi, au sud du Cameroun. Le 19 février 2026, à Yaoundé, un avenant à la convention d’investissement initiale a été signé entre Atlantic Group (le conglomérat contrôlé par Dossongui) et l’Agence de Promotion des Investissements (API), dans le cadre d’un ensemble de projets industriels visant à dynamiser l’emploi et la production locale.

Cette convention mise à jour modifie et prolonge l’accord initial conclu le 4 août 2021, qui accordait déjà à la future cimenterie des facilités fiscales et douanières (exonérations étendues de cinq à dix ans) ainsi que des incitations prévues par la loi camerounaise sur l’investissement privé. Selon l’API, cet avenant actualise notamment les technologies de production retenues pour l’usine et adapte l’investissement prévu à l’évolution du marché.

Un projet d’envergure dans un contexte concurrentiel

Le chantier, qui repose sur une capacité de production prévue d’environ 1 million de tonnes de ciment par an, doit être implanté sur un terrain de 10 hectares mis à disposition par le Port autonome de Kribi. Les travaux de préparation du site avaient déjà commencé en août 2021. Avec ce nouvel accord, la construction devrait s’engager dans le courant de l’année 2026, avec une durée de réalisation estimée à 24 mois, ce qui placerait la mise en production de l’usine autour de 2028. En termes d’emplois, l’opération pourrait générer plus de 500 postes directs et jusqu’à 2 500 emplois indirects selon les estimations liées à l’ensemble des projets soutenus par l’API ce jour‑là.

Sur le plan économique, le projet intervient dans un marché camerounais du ciment désormais très concurrentiel, où plusieurs producteurs nationaux et internationaux sont déjà présents, tels que Dangote Cement, CIMAF et Cimencam, portant la capacité de production nationale à près de 12 millions de tonnes par an, largement au‑delà de la demande intérieure estimée à environ 8 millions de tonnes ces dernières années.

Cette concurrence amplifie la pression sur les marges, mais elle reflète aussi l’attractivité du Cameroun pour les grands investissements industriels, renforcée par les infrastructures portuaires modernes de Kribi qui facilitent l’importation de matières premières (notamment le clinker) et l’accès aux marchés régionaux.

Le rôle de l’avenant et les objectifs de relance

L’avenant signé en 2026 joue un rôle essentiel : il actualise le cadre règlementaire et technique du projet, tire les leçons des évolutions récentes du secteur et permet à Atlantic Group de sécuriser les avantages fiscaux et douaniers indispensables à la viabilité économique de l’usine. Plus largement, il s’inscrit dans un ensemble de conventions — totalisant près de 110 milliards de FCFA d’engagements — signées avec des opérateurs privés par l’API dans les domaines de l’hôtellerie, de la transformation du bois et de l’industrie lourde.

Pour les autorités camerounaises, cette relance est un signal fort en faveur de l’attractivité industrielle et de la création d’emplois, tandis que pour Bernard Koné Dossongui, elle représente la concrétisation d’une ambition de longue date : inscrire Atlantic Group parmi les acteurs structurants du secteur cimentier en Afrique centrale.

Un projet structurant, mais pas sans défis

Bien que prometteur, le projet n’est pas exempt de défis. Le secteur cimentier, fortement capitalistique, est sensible aux coûts des intrants , en particulier l’énergie et le clinker importé, ce qui pèse sur les prix et la compétitivité globale. De plus, même si des incitations fiscales ont été accordées, la durée réelle de pérennité de ces avantages dépendra de la capacité de l’usine à s’inscrire durablement dans le marché local et régional, au‑delà de la période d’exonération.

Pour Bernard Koné Dossongui et son équipe, la clé réside désormais dans l’exécution rapide et efficace du nouveau calendrier, ainsi que dans la maîtrise des coûts et de la logistique, afin de faire de cette cimenterie non seulement une réponse à la demande locale, mais un projet industriel exemplaire en matière de compétitivité et d’intégration régionale.


Loïc KETCHOUANG,publié le 25 février 2026

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