Cameroun
Au Cameroun, un prêt de 98 milliards de FCFA de l’AFD pour lutter contre les inondations urbaines

Le Cameroun a signé, le 21 janvier 2026, un important accord de financement avec l’Agence française de développement (AFD), portant sur un prêt souverain de 150 millions d’euros, soit environ 98 milliards de francs CFA, destiné à renforcer la résilience des deux principales métropoles du pays face aux inondations récurrentes : Douala et Yaoundé.
Ce financement constitue le principal volet d’un ensemble de cinq conventions de financement approuvées simultanément entre le gouvernement camerounais et l’AFD, totalisant plus de 115 milliards de FCFA engagés dans des projets structurants visant notamment l’urbanisme, l’inclusion économique et la gouvernance locale.
Un projet urbain au cœur des défis climatiques
Dénommé Programme de Lutte contre les Inondations à Douala et à Yaoundé (PLIDY), ce programme répond à une pression croissante que subissent ces grandes villes, où les épisodes de pluies diluviennes paralysent régulièrement les transports, affectent les services publics et exposent des milliers de ménages aux pertes humaines et matérielles.
Selon les autorités et les partenaires, l’approche retenue est intégrée : elle combine des ouvrages de drainage et de protection, la réhabilitation des voiries, et des mesures de protection des zones naturelles, avec une attention particulière portée aux enjeux environnementaux et sociaux. Un dispositif de suivi-évaluation est également prévu pour mesurer l’impact des interventions sur le long terme.
Ce financement s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’AFD au Cameroun, qui depuis plusieurs années est l’un des principaux bénéficiaires de ses instruments de développement en Afrique centrale. Dans le cadre de ce partenariat multiforme, l’agence mobilise des ressources importantes pour des projets d’infrastructures, de transition énergétique, de services urbains et de renforcement des capacités institutionnelles.
Un appui plus large mais aussi des contraintes internes
Outre le volet anti-inondations, les financements signés avec l’AFD incluent des projets ciblant l’inclusion économique, avec un soutien à l’entrepreneuriat féminin dans les régions fragilisées du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua et de l’Est, financé par une subvention d’environ 3,2 milliards de FCFA, et des programmes d’appui à la sécurité alimentaire et à l’éducation.
Dans le secteur éducatif, par exemple, un appui budgétaire sectoriel de 7,2 milliards de FCFA doit contribuer à consolider des réformes en cours, tandis que d’autres volets s’attachent à renforcer la gouvernance locale à travers des initiatives dans plusieurs capitales régionales.
Cependant, ces avancées se heurtent à certaines contraintes structurelles. Une récente analyse de la loi de finances 2026 souligne que le Cameroun doit combler un important déficit budgétaire, et que la mobilisation de ressources extérieures, notamment par le biais de prêts, représente une part significative du financement de l’État.
Par ailleurs, selon un rapport sur la dette extérieure, une large part des financements externes contractés reste encore non décaissée ou en attente de mise en œuvre, ce qui reflète des difficultés d’exécution des projets malgré l’existence d’accords signés avec des bailleurs internationaux.
Un enjeu de développement urbain et climatique
Le projet de lutte contre les inondations se place à l’intersection de plusieurs défis majeurs pour le Cameroun : la croissance urbaine rapide, l’exposition accrue aux phénomènes climatiques extrêmes et la nécessité d’adapter les infrastructures pour protéger les populations et les économies locales.
Les finances publiques camerounaises restent contrainte par un environnement macroéconomique fragile, où l’endettement extérieur et la dépendance aux financements multilatéraux se renforcent, tout en confrontant le pays à la nécessité de prioriser ses dépenses et d’optimiser l’exécution des projets.
Pour les autorités camerounaises, ce prêt de près de 100 milliards de FCFA de l’AFD représente un engagement durable pour répondre à des urgences concrètes tout en s’inscrivant dans une vision plus large de développement urbain et de résilience climatique. Son succès dépendra toutefois de la capacité de l’État à mettre en œuvre efficacement les travaux, à mobiliser les ressources complémentaires nécessaires et à assurer une coordination optimale entre les partenaires publics et privés impliqués.
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