Cameroun
Un fonds émirati promet 44 000 milliards de FCFA pour soutenir la stratégie de développement du Cameroun

Dans une rencontre de haut niveau tenue début janvier à Yaoundé, un fonds d’investissement basé aux Émirats arabes unis a annoncé une promesse de financement d’un montant astronomique — environ 44 000 milliards de francs CFA — pour accompagner le Cameroun dans la mise en œuvre de sa Stratégie nationale de développement 2020‑2030 (SND30), une feuille de route stratégique visant à transformer structurellement l’économie du pays au cours de la prochaine décennie.
Une promesse financière sans précédent
Le SGC Investment Group LLC, un fonds d’investissement émirati, a indiqué qu’il compte mobiliser près de 44 500 milliards de FCFA, soit l’équivalent d’environ 79,5 milliards de dollars, sur une période de dix ans pour financer des projets structurants au Cameroun. Cette annonce a été faite à Yaoundé lors d’une conférence de presse tenue le 5 janvier 2026, au début d’une mission économique entamée par la délégation du groupe.
Bien que le fonds n’ait pas précisé la répartition exacte de ces financements, ses représentants ont affirmé que l’objectif est d’appuyer des secteurs prioritaires de l’économie camerounaise, notamment les infrastructures, l’énergie, l’eau, la santé, l’agro‑industrie, l’éducation, les technologies de l’information et de la communication, ainsi que le logement.
Le vice‑président Afrique de SGC Investment Group, le professeur Kelly Mua Kinsley, a souligné que ces sommes ne seraient pas mobilisées du jour au lendemain, mais déployées progressivement au fil de plusieurs années à travers des projets jugés suffisamment matures et « bancables ».
Une annonce qui s’inscrit dans la stratégie de développement nationale
Le financement annoncé s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020‑2030 (SND30) du Cameroun, un plan de long terme qui vise à transformer structurellement l’économie du pays et à faire du Cameroun une économie à revenus intermédiaires à horizon 2030.
La SND30 comprend une série de projets et programmes phares couvrant plusieurs secteurs clés tels que les infrastructures de transport, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et la santé, mais nécessite également des financements considérables pour être implémentée intégralement. Selon des évaluations récentes, les besoins totaux de financement pour la stratégie pourraient atteindre environ 88 000 milliards de FCFA, incluant à la fois des fonds publics, des investissements privés et des bailleurs internationaux.
Dans ce contexte, l’annonce de SGC Investment arrive comme une réponse potentielle aux difficultés budgétaires rencontrées par l’État camerounais, qui, dans le projet de budget pour 2026, affiche des besoins de financement importants face à des recettes fiscales encore limitées.
Réactions et enjeux
La version finale des accords et des instruments de financement n’a pas encore été rendue publique, mais la mission du SGC Investment Group a inclus des discussions avec plusieurs hauts responsables camerounais, dont le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, et le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey. Ces rencontres ont visé à mettre en place un cadre conducive à l’investissement et à aligner les projets prioritaires avec les besoins de développement du pays.
Certains observateurs soulignent toutefois que l’ampleur de l’engagement financier annoncé est hors normes, surtout pour une économie dont le budget de l’État pour 2026 est fixé à 8 816,4 milliards de FCFA, bien en deçà des sommes évoquées par le fonds émirati.
Un défi de mise en œuvre
L’un des défis majeurs restera la traduction de cette promesse en projets concrets, avec des mécanismes clairs de gouvernance, de suivi et de transparence. Le Cameroun a déjà identifié plusieurs partenaires financiers traditionnels et multilatéraux pour combler ses besoins de financement, mais les montants requis pour l’ambitieux plan SND30 dépassent largement les capacités actuelles des recettes domestiques et des emprunts conventionnels.
Alors que le pays cherche à attirer davantage de capitaux étrangers, l’accord potentiel avec SGC Investment pourrait indiquer une nouvelle voie de financement alternatif, notamment par des instruments de type financement islamique ou participatif, évoqués par les responsables du fonds.
Perspectives
Si ces engagements se concrétisent, cela pourrait transformer la trajectoire de croissance du Cameroun et accélérer la réalisation de plusieurs projets structurants dans des secteurs essentiels à la transformation économique. Mais pour l’instant, l’annonce reste une promesse: lourde, ambitieuse et porteuse d’espoir, mais aussi soumise à la capacité des acteurs publics et privés à finaliser les accords et à sécuriser la mise en œuvre effective, étape après étape.
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