Mali
Au Mali, l’approvisionnement en carburant reprend lentement après une crise sévère

Après plusieurs semaines de pénurie aiguë de carburant qui ont perturbé l’économie, la mobilité et la vie quotidienne dans tout le pays, le Mali observe une amélioration progressive dans l’approvisionnement en hydrocarbures, selon les autorités et des données de terrain.
Un pays fragile face à un blocus logistique
Depuis septembre 2025, Le Mali, pays enclavé, a connu une crise d’approvisionnement majeure en carburant lorsque des groupes armés affiliés à al-Qaïda ont attaqué et bloqué les principaux corridors routiers d’importation de carburant provenant du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et d’autres pays côtiers. Cette situation a gravement réduit le nombre de camions-citrernes entrant dans le pays, qui sont passés d’environ 6 000 par mois à un peu plus de 2 000 en début d’année, et a entraîné la destruction de nombreux véhicules de transport.
Le blocage des routes avait provoqué des pénuries dans les stations-service, de longues files d’attente et des conséquences directes sur la vie quotidienne. À la fin du mois d’octobre, le gouvernement avait même suspendu les cours dans les écoles et universités pour deux semaines en raison de la crise et des difficultés de transport liées à l’absence de carburant.
Des importations qui s’accélèrent
À partir de la mi-janvier 2026, les autorités maliennes ont signalé une hausse sensible des importations de carburant, interrompant progressivement la crise. Selon les chiffres communiqués lors d’une réunion sectorielle avec des acteurs pétroliers, les importations ont augmenté significativement entre le 12 et le 21 janvier.
D’après des données rapportées par les médias, plus de 54 millions de litres de carburant ont été importés en dix jours, grâce à la mobilisation de plus de 1 190 camions-citrernes : 875 camions ont livré plus de 40 millions de litres entre le 12 et le 18 janvier, puis 317 camions ont apporté 14,4 millions supplémentaires. Ce flux accru d’approvisionnement a permis une augmentation du taux de ravitaillement des stations-service, qui a atteint près de 54 % lors de la première vague de réapprovisionnement.
Cette progression se traduit sur le terrain par une amélioration visible de la distribution dans les stations-service, qui avaient été presque à sec pendant plusieurs semaines, notamment à Bamako et dans d’autres centres urbains.
Un soulagement progressif pour les populations
La reprise progressive du carburant a un impact direct sur la vie quotidienne des Maliens : les longues files d’attente devant les stations-service diminuent et les transports publics — taxis, bus et motos-taxis — commencent à circuler plus régulièrement, même si l’approvisionnement complet n’est pas encore rétabli partout.
Pour beaucoup d’habitants, ce retour progressif à la normalité est un soulagement après des mois de tensions, même si la situation reste fragile et dépendante de la sécurité des axes routiers et de la disponibilité constante de camions-citrenes.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
La reprise des livraisons de carburant ne signifie pas pour autant que la crise soit totalement résolue. Des attaques sporadiques sur les routes transitant vers les ports côtiers continuent de représenter une menace sérieuse pour les convois d’approvisionnement. Par exemple, des attaques contre des camions-citrenes dans le sud du pays ont repris récemment, selon des observateurs locaux.
Face à ces dangers, l’armée malienne, parfois avec le soutien de forces alliées régionales, a intensifié les escortes de convois, ce qui contribue à sécuriser partiellement les trajets mais n’élimine pas complètement les risques.
Perspectives
La reprise progressive de l’approvisionnement en carburant est une étape importante pour le Mali, qui a vu son économie et sa vie sociale profondément perturbées par la crise des derniers mois. Si les importations et la distribution continuent à s’améliorer, le pays pourrait envisager un retour à une situation plus stable dans les prochaines semaines.
Néanmoins, la sécurité des corridors logistiques et la capacité des autorités à prévenir de nouvelles attaques restent des enjeux essentiels pour assurer une reprise durable et éviter de nouvelles ruptures d’approvisionnement.
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