Sénégal
Décès de l’actrice sénégalaise Halima Gadji à Paris : une étoile de l’audiovisuel africain s’éteint

Le monde culturel africain est en deuil. Halima Gadji, l’une des figures les plus populaires du cinéma et de la télévision sénégalais, s’est éteinte lundi 26 janvier 2026 à Paris, des suites d’un malaise survenu lors d’un séjour en France, a annoncé le ministère sénégalais de la Culture dans un communiqué officiel.
Agée de 37 ans, l’actrice avait notamment conquis le public par son interprétation de Marième Dial dans la série à succès Maîtresse d’un homme marié, qui a fait d’elle une figure emblématique de l’audiovisuel ouest-africain.
Une disparition brutale lors d’un séjour en France
Selon les premières informations, Halima Gadji se trouvait dans la capitale française pour un séjour qu’elle avait décrit comme “court” sur ses réseaux sociaux. À peine quelques heures avant son décès, elle avait partagé une publication annonçant un casting pour la prochaine saison de l’émission Nouvelle reine, sur Canal+ Afrique.
Les détails précis sur les causes médicales exactes de son malaise n’ont pas encore été rendus publics par sa famille, qui a demandé respect et intimité en ces moments de deuil.
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle a provoqué une vague d’émotion au Sénégal et dans l’ensemble de la francophonie africaine, où Gadji était suivie par des millions de téléspectateurs.
Une carrière marquante, entre télévision, théâtre et mode
Née à Dakar en 1989, Halima Gadji s’est rapidement imposée comme l’une des artistes les plus polyvalentes de sa génération. Outre son rôle emblématique dans Maîtresse d’un homme marié, elle avait participé à diverses productions télévisées et théâtrales, tant au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays d’Afrique.
Elle était également connue pour son travail en tant que consultante mode, mannequin et entrepreneure, explorant différentes facettes de la création artistique et culturelle.
Sa popularité tenait à sa capacité à incarner des personnages complexes et nuancés, capables de refléter les contradictions de la société contemporaine, en particulier autour des thèmes de l’identité, de la condition féminine et des aspirations des jeunes Africains.
Engagements et voix publique
Halima Gadji n’était pas seulement une actrice populaire : elle s’était aussi fait connaître pour son engagement en faveur de la santé mentale, un sujet encore tabou dans de nombreuses sociétés africaines. À plusieurs reprises, elle avait évoqué ses propres expériences et les difficultés rencontrées par les artistes face à la pression médiatique et sociale, contribuant ainsi à ouvrir un espace de parole important.
Son franc-parler et sa présence charismatique lui ont valu l’admiration de nombreux fans, mais aussi parfois des controverses, notamment lorsque son travail dépassait le simple divertissement pour interroger les normes sociales et culturelles.
Réactions et hommages
Dans le communiqué du ministère de la Culture, la comédienne est saluée comme “une figure majeure de l’audiovisuel national et africain”, dont la justesse de jeu et la force d’interprétation ont marqué durablement le public.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux artistes, institutions culturelles et spectateurs ont partagé leur émotion, évoquant une “perte immense pour la communauté artistique” et rendant hommage à une artiste dont la carrière, bien que tragiquement interrompue, avait déjà profondément influencé l’audiovisuel contemporain.
Un héritage durable
Halima Gadji laisse derrière elle un travail artistique riche, marqué par une capacité rare à incarner des personnages forts et à porter des récits qui ont touché des millions de personnes. Sa disparition, survenue alors qu’elle était encore pleinement active dans sa carrière, rappelle la fragilité de la vie artistique mais aussi l’impact durable que peut avoir une voix authentique sur les imaginaires collectifs.
À Dakar comme à Paris, au-delà des larmes, c’est une trajectoire singulière qui est aujourd’hui honorée — celle d’une femme engagée, passionnée et profondément attachée à son art.
