Niger

Attaque d'un base aérienne à Niamey revendiqué par l'Etat Islamique

Attaque d'un base aérienne à Niamey revendiqué par l'Etat Islamique

Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, des tirs nourris et de fortes explosions ont été entendus autour de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, la capitale du Niger, semant la panique dans les quartiers voisins avant que le calme ne revienne au petit matin, selon des témoins et des autorités locales.

L’incident, qui a duré environ une à deux heures dans les premières heures de jeudi, a impliqué des coups de feu intenses et des détonations entendus dans une grande partie de la ville, obligeant les résidents à se mettre à l’abri.

Une attaque visée sur une base aérienne militaire adjacente

Selon un communiqué officiel du ministère nigérien de la Défense, des assaillants à moto armés ont attaqué la Base Aérienne 101, située à l’intérieur du périmètre de l’aéroport. Les forces de sécurité nigériennes ont riposté avec une réponse aéroterrestre coordonnée, neutralisant au moins 20 assaillants et arrêtant 11 autres, principalement blessés, d’après le bilan communiqué par les autorités.

Quatre militaires nigériens ont été blessés lors des affrontements, qui ont également causé des dégâts matériels, notamment l’incendie d’un stock de munitions et des dommages à plusieurs aéronefs civils stationnés au sol.

Plusieurs compagnies aériennes ont confirmé que leurs appareils stationnés sur le tarmac avaient subi des impacts de balles. Selon des communiqués diffusés ce vendredi, des avions de la compagnie Air Côte d’Ivoire ainsi que de la compagnie panafricaine ASKY Airlines ont été légèrement endommagés, sans faire de victimes parmi les équipages ou les passagers, car l’attaque a eu lieu en dehors des heures normales d’exploitation. 

Des revendications et des accusations politiques

Dans les heures qui ont suivi, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte militaire nigérienne au pouvoir depuis le coup d’État de 2023, a affirmé que l’attaque constituait une tentative de déstabilisation. Sur la télévision d’État, il a accusé, sans présenter de preuves, les gouvernements de France, du Bénin et de la Côte d’Ivoire d’avoir fourni un soutien indirect aux assaillants, assertions que ces pays ont immédiatement niées.

Dans un développement majeur, le groupe terroriste État islamique (EI) a revendiqué la responsabilité de l’attaque via l’agence de presse Amaq, la qualifiant de « surprise et coordonnée » contre la base aérienne proche du terminal principal de l’aéroport. Selon cette revendication, les assaillants ont infligé des dommages significatifs, bien que les chiffres exacts et les détails de leurs pertes ne soient pas confirmés de manière indépendante.

Calme revenu, mais tensions persistantes

Peu après l’aube, la situation s’est progressivement stabilisée, selon des résidents et des sources sécuritaires. Une forte présence militaire reste toutefois notée autour de la zone aéroportuaire, avec des patrouilles régulières et des contrôles renforcés.

L’aéroport international Diori Hamani — situé à une dizaine de kilomètres du palais présidentiel — est un point névralgique. Il sert à la fois d’infrastructure civile majeure et d’installation stratégique pour l’armée nigérienne et ses partenaires, abritant notamment une base de drones récemment installée ainsi que le siège d’une force conjointe régionale de lutte contre les groupes armés.

Au cœur des tensions régionales

Cette attaque intervient dans un contexte de violence croissante au Sahel, où le Niger, le Mali et le Burkina Faso — tous dirigés par des juntes militaires — font face à un regain d’activité de groupes jihadistes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda. Ces derniers mois, plusieurs attaques meurtrières ont été attribuées à ces organisations dans la région, aggravant les défis sécuritaires déjà exacerbés par l’instabilité politique.

Le gouvernement nigérien a salué la rapidité et l’efficacité de la riposte des forces de sécurité, tout en promettant une réponse appropriée à toute tentative de déstabilisation. L’incident soulève néanmoins des questions sur la capacité du pays à sécuriser ses infrastructures critiques malgré l’appui de partenaires internationaux, et sur les enjeux géopolitiques qui entourent la sécurité régionale.


Loïc KETCHOUANG,publié le 30 janvier 2026