Géopolitique
La Côte d’Ivoire sur le qui-vive face à un afflux “inhabituel” de réfugiés maliens

Le Conseil national de sécurité (CNS) ivoirien a annoncé jeudi 13 novembre 2025 un renforcement drastique de la vigilance à ses frontières nord, pointant un “flux inhabituel” de réfugiés en provenance du Mali. Selon un communiqué publié à l’issue de sa réunion, ces arrivées massives seraient liées à des attaques menées contre des civils par des groupes armés terroristes au sud du Mali.
Depuis septembre, la situation sécuritaire dans cette région du Sahel s’est fortement dégradée. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, multiplie les assauts, ciblant notamment des camions-citernes transportant du carburant depuis la Côte d’Ivoire et le Sénégal vers le Mali. Ces attaques, dénoncées comme une forme de blocus économique, ont causé des pertes humaines et déclenché une fuite de populations inquiètes.
Le CNS, organe réunissant les principales autorités sécuritaires ivoiriennes, a ordonné l’enregistrement systématique des demandeurs d’asile maliens, tout en renforçant le dispositif militaire aux frontières nord. Le chef d’état-major des armées a été mandaté pour prendre “toutes les mesures adéquates” afin de sécuriser cette zone stratégiquement sensible.
Ce renforcement intervient dans un contexte électoral tendu : la Côte d’Ivoire prépare ses législatives du 27 décembre, et le CNS mobilisera 44 000 éléments des forces de sécurité déjà déployés lors de la présidentielle d’octobre. Le Conseil a également prolongé l’interdiction des manifestations politiques non liées au processus électoral jusqu’en janvier.
D’un point de vue humanitaire, cette crise migratoire s’ajoute à un fardeau déjà lourd pour la Côte d’Ivoire, qui accueille environ 90 000 réfugiés venus du Burkina Faso, eux aussi fuyant les violences jihadistes. La pression sur les ressources locales est donc réelle, d’autant plus que les autorités ivoiriennes doivent concilier sécurité et protection des personnes vulnérables.
En agissant ainsi, Abidjan démontre sa volonté de maîtriser l’impact de cette crise tout en affichant une posture responsable : enregistrer les réfugiés, sécuriser le territoire, mais sans fermer les portes. Le défi reste de taille : maintenir cette fragile stabilité, alors que les enjeux sécuritaires et électoraux se superposent.
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