Géopolitique

Crise post-électorale au Cameroun : la Gambie accueille Issa Tchiroma Bakary pour raisons humanitaires

Crise post-électorale au Cameroun : la Gambie accueille Issa Tchiroma Bakary pour raisons humanitaires

Suite à la contestation de l’élection présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025, la Gambie a officiellement confirmé qu’elle accueille temporairement l’opposant Issa Tchiroma Bakary, « purement pour des motifs humanitaires ». 
Le gouvernement gambien a annoncé que Tchiroma est arrivé à Banjul le 7 novembre, alors que le Cameroun traverse une situation de fortes tensions après un scrutin jugé particulièrement polémique. Dans sa déclaration, le ministère gambien de l’Information évoque la « solidarité africaine » et la nécessité de garantir la sécurité physique de M. Tchiroma pendant que des partenaires régionaux cherchent une issue pacifique à la crise. 
Issa Tchiroma Bakary, âgé de 76 ans, ancien ministre et figure de l’opposition, a rejeté les résultats officiels qui donnent la victoire au président Paul Biya (92 ans), avec 53,66 % des voix contre 35,19 % pour lui selon les chiffres publiés. Il revendique sa propre victoire et affirme que l’élection a été entachée de fraudes. 
Sur le plan diplomatique, la Gambie se positionne comme un facilitateur : Banjul indique collaborer avec des pays de la région, notamment le Nigeria, pour promouvoir une « résolution négociée » de la crise. Les autorités gambiennes insistent cependant sur le respect de la souveraineté des États, précisant que leur territoire « ne sera pas utilisé comme base pour des activités subversives » contre le Cameroun. 
La porte-parole de Tchiroma, l’avocate Alice Nkom, a salué l’initiative gambienne, remerciant la Gambie ainsi que d’autres nations africaines pour leur soutien à la sécurité de l’opposant dans cette période critique. 
Cet accueil humanitaire souligne la dimension régionale du conflit post-électoral camerounais : au-delà d’une simple lutte intérieure, la crise s’internationalise, tandis que la Gambie cherche à jouer un rôle de médiateur sans pour autant s’ingérer directement dans les affaires internes de Yaoundé. 
Le choix de la Gambie met également en lumière des enjeux stratégiques : le gouvernement gambien montre qu’il peut agir avec solidarité panafricaine tout en affirmant sa neutralité. La pression sur le Cameroun pourrait ainsi croître, d’autant que d’autres acteurs régionaux sont impliqués dans les discussions pour une issue pacifique.
Cette situation reste néanmoins fragile. Le séjour de M. Tchiroma en Gambie est dit provisoire, et tout continuera de dépendre des négociations régionales. La communauté internationale, tout comme les citoyens camerounais, surveillent avec attention les prochains développements.


Grâce Ebakisse,publié le 25 novembre 2025